D’aussi loin que je me souvienne, la musique a toujours joué un rôle important dans ma vie, comme un ami invisible qui ne m’aurait jamais quitté.
À la maison familiale, c’est maman qui décidait ce qu’on écoutait et quand. Pendant longtemps, mes seules connaissances musicales provenaient directement de sa collection de disques de Fernand Gignac et de CJMS et de son regretté animateur, Ti-Paulo Vincent. Donc, oui, la plupart des succès du temps, je les connaissais par coeur… s’ils passaient à CJSM et dans les émissions de variétés de Télé-Métropole!
Tout le reste du spectre musical, et je te confirme que je parle de 90% de la bonne musique des années ’60 et ’70, m’est tombée dessus après avoir quitté la maison familiale en 1982. Méchant choc!
Mes premières amours
En 3e et 4e année, parmi tout le brouhaha diffusé à CJMS, j’avais bien sûr mes préférés et c’est ainsi que René Simard est devenu mon premier vrai kick! Je connaissais toutes ses chansons, même qu’on était un groupe d’élèves à chanter à tue-tête tout notre répertoire Simard dans l’autobus en direction de l’école.
Tous les jours. OMG, pauvre chauffeur!
Dans mon souvenir, on était bons en maudit, pleins d’entrain et de bonne volonté… mais ça ne pouvait être qu’épouvantable à écouter!
« Elle est venue tout près de moi
En souriant, le cœur en joie
Et tout en chantant
Elle m’a dit comme ça
Dans mes mots d’enfant
Qu’elle m’aimait »
J’y mettais tellement de coeur! Ça me fait sourire de me souvenir de ça, c’était des moments heureux où tout tournait autour du petit Simard qui était à peine plus vieux que nous. S’il avait fallu que je le rencontre à l’époque, je ne m’en serais jamais remise! Ha! Ha!
Mon 2e grand amour (!), ça a définitivement été Sébastien qui a complètement disparu dans la brume depuis, mais dont je me souviens encore avec plaisir. Quand je l’ai entendu la première fois en 1974, j’avais 10 ans et Sébastien chantait C’était un ange (Last Kiss) et Non je ne le sais pas (Calendar Girl) et mon Dieu que je voulais l’aider à choisir!
Pendant qu’on jouait au ballon chasseur, au ballon poire et à n’importe quoi d’autre dans la cour d’école, Johnny Farago chantait Ma poupée d’amour et je chantais en coeur avec lui : Ma poupée d’amouuuuuur, je t’aimerai toujouuuuuuuuurs! À peu près en même temps qu’Anne René me faisait pleurer avec Un amour d’adolescent et Nicole Martin me faisait rêver avec La première nuit d’amour… J’étais si fleur bleue. Je le suis tellement encore!
Mes deux idoles
Nicole Martin a été importante durant des années. Adolescente, j’avais même acheté son livre biographique qui contenait beaucoup de photos et de textes de ses chansons. Je les aimais toutes! Une photo de toi, Tes yeux, Oui, parait-il… Ses succès ont habité mes années ’70 au quotidien.
À peu près au même moment, Joe est entré dans ma vie. Que j’ai aimé Joe! Bien sûr ce sont ses succès radio qui m’ont d’abord accrochée (je te rappelle que j’écoutais presque exclusivement CJMS!), mais ce sont ses chansons moins connues, qui ne tournaient pas à la radio, qui font qu’encore aujourd’hui Joe Dassin est présent dans ma vie.
J’avais peut-être 15 ans quand j’ai gagné un album de Joe à… oui, CJMS! L’album Les femmes de ma vie qui parlait du Québec et qui surtout ne contenait que de belles chansons : La Première Femme de ma vie, Noisette et Cassidy, La Demoiselle de déshonneur, Marie-Ange, Dans les yeux d’Émilie et ma préférée, La rue Marie-Laurence.
C’est donc Joe et son album rempli de belles chansons qui ne tournaient pas à la radio qui a ouvert mon horizon musical : je venais de comprendre qu’il y avait des trésors que je ne connaissais pas et qui resteraient inconnus pour la grande majorité des gens, surtout ceux qui écoutaient juste CJMS.
Comme Joe était mon coup de foudre absolu en matière de musique, ce sont en priorités ses chansons méconnues que je voulais découvrir. Après sa mort soudaine en 1980, j’ai acheté son coffret de 100 chansons, en ordre de sorties, pour plus de 100$, ce qui était une somme colossale. Surtout pour des cassettes! Plus tard, j’ai racheté la même collection en CD… Joe est l’artiste pour lequel j’ai dépensé le plus d’argent dans toute ma vie!
Joe est encore dans mes playlists, je ne lui trouve aucun équivalent, il est intemporel. Happy Birthday, Ton côté du lit, Qu’est-ce que tu fais de moi, Ce n’est rien que tu vent, le Château de sable, Ma dernière chanson pour toi, Quand on a 16 ans, S’aimer sous la pluie, l’Albatros, Six jours à la campagne, Que sont devenues mes amours, Blue Country… Je pourrais continuer comme ça, la liste des belles chansons méconnues de Dassin est longue!