La motivation pour se mettre à bouger

Combien de fois vous êtes-vous fait la promesse de vous remettre en forme, que cette fois était la bonne et que rien ne vous arrêterait dans vos bonnes résolutions… jusqu’à la prochaine fois? Elle est où cette foutue motivation qui nous laisse tomber à répétition?

Les centres font le plein de membres en septembre, octobre et janvier, les trois mois où, à la rentrée automnale et tout de suite après les Fêtes, nous décidons, plein de bonnes résolutions, de retrouver la santé. On veut tellement! Pourtant, au moins le tiers laissera tomber avant 12 semaines, alors qu’une moitié tiendra bon un peu plus de 20 semaines.

La médaillée olympique en patinage de vitesse et spécialiste de la mise en forme, Nathalie Lambert, a elle-même connu une panne de motivation après sa retraite en 1997. « C’est facile d’être motivée quand tu n’as rien d’autre dans ton agenda, quand tout tourne autour de ton sport et de ta performance. C’est une autre problématique quand tu redeviens comme monsieur et madame Tout-le-Monde et que tu essaies de caser ça dans une vie de famille, dans un horaire de travail, sans avoir un but précis ou une performance à atteindre. »

Trouver la bonne activité

Nathalie Lambert a commencé par l’entraînement cardiovasculaire et musculaire, pour ensuite passer au jogging et au squash. C’est finalement la danse qui aura été sa planche de salut, sa motivation suprême pour retrouver le plaisir de faire de l’exercice, de bouger en s’amusant! « C’est le Match des étoiles à Radio-Canada qui m’a donné la piqûre! Je me suis entraîné durant douze heures pour réaliser ma danse; au bout du compte, j’étais accro! » Aujourd’hui encore, Nathalie danse régulièrement et n’a aucune difficulté à caser la danse dans son horaire pourtant surchargé. Selon elle, c’est la notion de plaisir qui change tout.

« Selon l’Institut canadien de la recherche sur la condition physique et le mode de vie, 39 % des adultes pratiquent la danse sociale. »

Dans son livre Le Plaisir de bouger aux Éditions de l’Homme, Nathalie Lambert insiste sur cet aspect bien important, le plaisir, en invitant les gens à sortir des sentiers battus pour trouver leur activité, celle qui les comblera au point que l’envie sera plus forte que leur procrastination naturelle. « Il faut que l’activité comble des besoins autres que celui d’investir dans sa santé. Mon exemple qui revient toujours, c’est le hockey de ligues de garage : les hommes ont toujours hâte à la prochaine partie, ce n’est pas difficile pour eux de le caser dans leur agenda, au contraire! Ils ne l’enlèveraient de leur horaire pour rien au monde! »

Cessez de vous culpabiliser parce que vous n’aimez pas la course ou les appareils de musculature. Ce n’est pas un sport précis qu’il vous faut, c’est LE bon! Le Plaisir de bouger recense d’ailleurs 50 activités, du club de marche au curling, en passant par les Pilates et le Yoga, selon qu’elles comblent un besoin d’adrénaline, de socialiser, d’évasion, d’apprendre, de bouger en musique, d’être en groupe ou de relever des défis. Ainsi, en osant une activité selon ce qui nous rejoint le plus, on a plus de chances d’être motivés à poursuivre. 

Selon l’Institut canadien de la recherche sur la condition physique et le mode de vie, les adultes pratiquent la marche (84%), le jardinage (74%), la natation (58%), le vélo (49%), la danse sociale (39%) et font des exercices à la maison (65%). L’ordre de préférence varie un peu selon les tranches d’âge, mais ce sont essentiellement ces sports qui rallient la majorité, surtout la marche qui fait carrément l’unanimité.

L’essayer, c’est l’adopter? Pas toujours! C’est pour ça qu’il faut essayer!

Une fois l’activité choisie, il faut qu’elle se déroule à proximité du lieu de travail ou de la maison pour éviter les détours qui deviennent vite décourageants et, plus important encore, il faut l’essayer! N’hésitez pas à demander un cours gratuit ou une semaine d’essai le temps de vérifier si l’activité représente bien vos attentes et objectifs. Ensuite, il faut se résigner à y aller à petites doses puisque l’erreur la plus courante chez les nouveaux adeptes de la remise en forme est de vouloir en faire trop, trop vite! « Demande-t-on à quelqu’un qui ne lit jamais de commencer par une brique de 1 000 pages? Non, bien sûr, cela va le décourager! », explique Nathalie Lambert qui rappelle que « tout ce que l’on fait dès que l’on bouge compte et s’accumule. » Mieux vaut donc faire plusieurs séances de 10 à 15 minutes chaque fois que l’on peut, plutôt qu’attendre la journée où l’on pourra faire une heure d’exercices. D’abord parce que cette journée-là risque de ne pas arriver avant longtemps et surtout parce que le corps doit s’habituer peu à peu à l’effort qu’on lui demande de fournir sous peine de courbatures et même de blessures.

« Tout ce que l’on fait dès que l’on bouge compte et s’accumule. »

— Nathalie Lambert

La motivation de groupe

Le fait de s’associer à quelqu’un d’autre, un individu ou un groupe aide aussi énormément à maintenir le niveau de motivation. Il est plus difficile de manquer un rendez-vous quand quelqu’un d’autre nous attend, n’est-ce pas? Il existe sûrement des organismes ou des entreprises qui mettent sur pied des groupes d’activités dans votre localité, faites marcher vos doigts!

Des preuves concrètes

Le fait de tenir un journal de bord pour y noter les exercices, leur durée, vos accomplissements et vos objectifs permet de garder vivante la flamme de l’intérêt puisque de semaine en semaine, vous pourrez constater la preuve des efforts fournis. De plus, des montres connectées et des applications géniales permettent de faire tout ça en un minimum d’efforts.

Pour être motivé, il faut :

  • Du plaisir, du plaisir, du plaisir! Seule une activité que vous aimez vous motivera.
  • Que l’activité se déroule dans votre secteur. Loin des yeux, loin du cœur!
  • L’essayer! Vous aurez tout le temps nécessaire pour vous décider, donnez-vous au moins une chance d’aimer ça!
  • Prendre une bouchée à la fois! Trop, trop vite, ce n’est vraiment pas mieux que pas assez.
  • Un ami ou un groupe
  • Prendre note de ses efforts et de ses progrès. Avoir une preuve de sa progression et de sa persévérance, c’est vraiment motivant! 

Fixer ses objectifs

On ne se lance pas dans l’activité physique pour les mêmes raisons à 10 ans ou à 70 ans. L’enfant fera probablement primer le plaisir de jouer avec des amis et la performance, alors que plus tard, on peut avoir envie de faire attention à notre santé ou de développer le simple plaisir de bouger.

Votre choix d’activité sera plus judicieux s’il est accompagné d’objectifs précis, des objectifs qu’il sera nécessaire de réévaluer régulièrement. Une fois notre besoin social comblé par notre adhésion à un groupe de Tai-chi par exemple, on veut apprendre les enchaînements, les réaliser avec fluidité, faire sa séance d’exercices en plein air et, pourquoi pas, un jour enseigner le Tai-chi! Le journal de bord sera un bon moyen ici de constater vos progrès et de revoir les étapes à franchir pour maintenir votre niveau de motivation à son maximum.

Rappelez-vous que l’important est de bouger, d’aimer ce que vous faites pour y arriver et de poursuivre à plus long terme pour profiter de tous les avantages de vos nouvelles activités.

*Les livres et DVD de Nathalie Lambert ne sont plus disponibles en librairie, mais ils le sont assurément à votre bibliothèque! Ce sont de très bons outils.

  • Le plaisir de bouger, par Nathalie Lambert, Éditions de l’Homme, 2006.
  • Nathalie Lambert: Cardio Latino, DVD.
  • Nathalie Lambert: Cardio Latino 2, DVD.
  • Nathalie Lambert: Cardio Boomer, DVD.

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