Poursuivre sa route sans sa mère

Le deuil nous frappe durement au décès d’un proche, mais quand c’est au tour de notre mère de partir, la douleur se fait particulièrement vive. La mort de celle qui nous a bercés, qui nous a soignés, qui nous a tant apporté laisse alors un vide aussi important que sa présence d’antan. 

Notre mère est au centre de nos vies pendant très longtemps, et même devenus adultes, nous restons attachés à celle qui nous a mis au monde. Ces liens sont particuliers et au-delà de la mort, ils laissent des traces.

Si la relation que l’on avait avec sa mère était positive et gratifiante, son départ est alors ressenti comme un vide difficile à combler et le deuil est vécu intensément. Une consultation auprès d’un spécialiste serait alors souhaitable pour éviter des problématiques émotives à long terme.

À l’inverse, si la relation avec la mère était malaisée, son décès peut représenter une forme de libération puisque son départ signifie la fin de l’emprise maternelle et l’occasion de tourner la page sur un passé douloureux.  

Mais, quelle qu’ait pu être notre relation avec notre mère, le chagrin et les larmes font partie du deuil et la peine ressentie, tout comme la colère, la frustration ou la culpabilité, est légitime et saine.

La rassembleuse 

On s’entend sur le rôle de rassembleuse de la famille que la mère tient traditionnellement dans toutes les cultures. En plus de prodiguer les soins maternels qui ont tissé la personne que nous sommes devenues, c’est souvent la mère qui organise les grandes occasions festives auxquelles les membres de la famille élargie participent chaque année, qui pense à souligner les anniversaires par une carte, un cadeau, un repas, qui donne des nouvelles des uns aux autres et vers qui tous les membres de la famille se tournent quand le besoin se fait sentir.

Si personne ne prend la relève de son rôle unificateur et rassembleur, son départ peut alors représenter la fin des réunions de famille, chacun des enfants en profitant alors pour créer leurs propres traditions et réunions, sans nécessairement reproduire le modèle maternel. « Il y a des familles qu’on imagine tricotée serrée et pourtant quand survient un deuil comme celui de la mère, la famille éclate parce que c’est la mère qui était le lien et que les enfants ne voient plus la nécessité de se réunir entre eux, » explique Suzanne Pinard, auteure spécialisée sur le deuil.

Reprendre le flambeau 

Dans tous les cas de deuil, on ressent le besoin de parler de la personne décédée, de rappeler les bons et les moins bons souvenirs, de valider ses sentiments. Dans le cas de la mère, il est possible que ce besoin soit exacerbé par la qualité du lien qui nous unissait à elle. 

En faisant siennes les recettes qu’elle cuisinait, les grandes traditions qu’elle suivait ou les petites habitudes qu’elle avait, certains perpétuent son souvenir et le gardent vivant. Et même s’il est vrai que ça ne sera jamais tout à fait la même chose qu’avec maman, ces occasions de lui rendre hommage peuvent être riches d’apaisement.

Garder un souvenir 

« Je considère important que nous conservions un ou plusieurs objets qui nous rappellent l’histoire qu’on a eue avec la personne décédée. Elle a existé, elle a eu de l’importance, il ne faut pas chercher à le nier. Souvent, les gens, pourtant bien intentionnés, se défont trop rapidement des biens matériels, alors que certains objets pourraient représenter beaucoup pour quelqu’un », souligne Suzanne Pinard qui conseille d’offrir aux membres de la famille de choisir un objet significatif pour eux avant de vous défaire des objets ayant appartenu à votre mère. « On peut rester surpris de voir ce que les gens veulent conserver en souvenir; ça peut être aussi banal qu’une paire de pantoufles ou un vieux châle! L’important étant la représentation émotive de l’objet pour la personne qui le choisit. » 

La distribution des objets personnels représente alors un rituel très important dans le déroulement du deuil. Cette réunion de famille après les funérailles permettra à chacun de raconter ses souvenirs et de partager sa relation avec la mère disparue.

Un coussin réconfort

Utilisez un vêtement porté par le défunt pour en faire un coussin que vous pourrez serrer dans vos bras chaque fois que nécessaire : la chemise de grand-papa, la veste que maman portait toujours, le chandail préféré de papa retrouvent une 2e vie et apportent du réconfort à ceux qui vivent un deuil. Certains artisans vous proposent même de fabriquer le coussin pour vous.

Le cycle de la vie

Même si on est adulte et orphelin, on reste toujours l’enfant de notre maman et en perdant notre mère, on perd une partie de nous. Il est normal que la mort de celle qui nous a donné naissance nous confronte et nous fasse réfléchir à notre propre mortalité. Nos repères et nos certitudes sont ébranlés, c’est souvent l’origine d’une remise en question profonde de notre vie. Cette étape est l’occasion de faire le point sur le chemin parcouru, en laissant dernière nous la main de celle qui nous l’a tenue si souvent.

De l’autre côté des larmes – Guide pour une traversée consciente du deuil, Suzanne Pinard. 19,95 $ 

Ressources

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